"CE QUE TU AIMES,LAISSE-LE LIBRE"

Nuit d’été

 Le violon,d’un chant tres profond de tristesse, 

Remplit la douce nuit,se mèle aux sons des cors,

Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,

et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts.

★ ° . . ☾ °☆  . * ● ¸ .   ★ ° :.

Le souffle du Veillant anime chaque feuilles;

Aux amers souvenirs les bois ouvrent leur sein;

Les oiseaux sont rêveurs;et sous l’oeil opalin

De la lune d’été ma Douleur se recueille…

★ ° . . ☾ °☆  . * ● ¸ .   ★ ° :.

Lentement,au concert que font la ramure

Les lutins endiablés comme ce Faust ancien,

Le luth dans tout mon coeur éveille en parnassien

★ ° . . ☾ °☆  . * ● ¸ .   ★ ° :.

La grande majesté de la nuit qui murmure

Dans les cieux alanguis un ramage lointain,

Prolongé jusqu’a l’aube,et mourant au Matin.

★ ° . . ☾ °☆  . * ● ¸ .   ★ ° :.

Émile Nelligan

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