"CE QUE TU AIMES,LAISSE-LE LIBRE"

l’oiseau bleu

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Un matin, en ouvrant mes volets, je n’en ai pas cru mes yeux : là, devant moi, dans le noyer, était perché un magnifique oiseau bleu. Je n’en avais jamais vu de semblable. Il surpassait en beauté tous les autres oiseaux du jardin.

 Quand il s’est mis à chanter, son gazouillis était si mélodieux que je me suis demandé si je ne rêvais pas.

« Viens, bel oiseau bleu ! » ai-je murmuré tendrement.

Il est venu se poser sur ma main. Il n’était pas farouche ! J’en avais les larmes aux yeux.

 Ensuite, tous les matins, il est venu gentiment gazouiller à ma fenêtre. Je n’étais plus seule. J’avais trouvé un ami, et quel ami !

Comment faire pour le garder toujours près de moi, me suis-je demandé ? Je voudrais tant l’entendre chanter toute la journée… Je le voudrais rien que pour moi.

Je suis allée lui acheter la plus somptueuse cage dorée que j’ai pu trouver, de la nourriture succulente, et le lendemain matin, lorsqu’il est revenu se poser sans méfiance sur ma main, hop ! Je l’ai glissé dans ma jolie cage et j’ai verrouillé la porte.

« Chante, mon bel oiseau ! » ai-je dit.
Mais mon bel oiseau ne chantait plus.
J’ai tapé du pied : « Vas-tu chanter, enfin ? »
Il s’est blotti dans un coin sans me regarder.
« Quel ingrat ! Quand je pense à cette superbe cage dorée qui m’a coûté si cher! Il pourrait me remercier… Ce serait la moindre des choses ! »
Mais l’oiseau ne chantait plus. Pire encore, il mangeait à peine. Sourires, menaces, cajoleries : rien n’y faisait.

Les jours ont passé et il s’est mis à maigrir et à dépérir.
« Il finira bien par chanter ! » pensais-je (car hélas, je suis très têtue…)
Mais l’oiseau a fini par se coucher sur le côté… et soudain, en un éclair, j’ai réalisé, affolée :

« Il est en train de mourir ! Je suis en train de tuer mon bel oiseau ! »
J’ai fondu en larmes et j’ai ouvert sa luxueuse cage dorée. « Envole-toi vite, mon bel oiseau ! Je ne veux pas que tu meures ! »

Il a rassemblé ses dernières forces et il a pris son envol sans même m’accorder un regard. À travers mes larmes, je l’ai vu s’élever vers le soleil ; bientôt, je n’ai plus distingué qu’un tout petit point noir dans l’azur des cieux. « Vole, mon bel oiseau… Je t’aimais si mal… J’ai cru te rendre heureux et j’ai failli te tuer…»

J’espère que mon bel oiseau bleu me pardonnera et qu’un jour, il reviendra se poser sur ma main, mais je n’en suis pas certaine. J’ai tellement trahi sa confiance… Et pourtant, quand je regarde le ciel, je pense si souvent à lui, et peut-être qu’un jour…

Aline Neuhauser

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Je conclu cette fable avec cette citation:

 » Ce que tu aimes , laisse-le libre.

S’il te revient, il est à toi.

Si il ne te reviens pas, alors il ne t’a jamais appartenu »

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